A lire, à voir... Blog Or et Caractères

ven.

06

mars

2015

A l'Institut d'Enluminure d'Angers (ISEEM)

Article paru dans Ouest-France le 21 février 2015. Merci à la journaliste Dominique MENARD et au journal OUEST FRANCE pour son soutien à l'art de l'enluminure.

 

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jeu.

16

oct.

2014

L'or et ses batteurs

Un reportage sur les batteurs d'or aujourd'hui. Avec les établissements Dauvet. Une intéressante vidéo sur la volonté de conservation du patrimoine et les réalités économiques: "Tu seras batteur d'or mon fils."

A voir sur le site de http://enlum.blogspot.fr/2014/10/tu-seras-batteur-dor-mon-fils.html

 

 

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mer.

18

juin

2014

La symbolique des couleurs et des animaux

 

Pour celles et ceux qui s'intéressent à l'enluminure, je vous conseille :

Le Dossier pédagogique de l'exposition Trésors enluminés qui s'est tenue au Palais des Beaux Arts de Lille en décembre 2013 dont je vous livre quelques données.

 

La symbolique des couleurs utilisées au Moyen-Âge

L’homme du Moyen-Âge ne connaît pas le spectre des couleurs, il se sert principalement de l’articulation du blanc, du noir, du rouge, de l’ocre, avec une grande place réservée au rouge, teinte prestigieuse depuis l’Antiquité car tirée du précieux «murex» et symbole de pouvoir. A partir du XIIe siècle s’opére ce que Michel Pastoureau appelle la révolution du bleu, qui n’avait jusque là qu’un rôle mineur tant sur le plan esthétique que symbolique. La couleur est divinisée,associée à la lumière de dieu. Au même moment, le culte marial est promu et pour cette figure en plein essor, il faut une couleur neuve et puisqu’elle est reine du ciel ce sera le bleu. Très vite cette couleur s’empare des vitraux, des objets, desenluminures et chez Philippe-Auguste et saint Louis, le bleu devient l’emblème de la royauté. L’or et le blanc restent des couleurs sacrées. Le blanc est assimilé à la pureté, l’innocence et la lumière divine. L’or demeure un symbole du divin tout autant que celui du faste humain. Le rouge renvoie à la couleur du sang du Christ et des martyrs, à l’amour fervent (vêtement rouge de saint Jean disciple préféré du Christ, couleur des Séraphins, anges au plus près de Dieu) et à la flamme du saint Esprit. Mais le rouge peut aussi signifier la puissance ou désigner ce qui intervient brutalement en bien ou en mal. Trop dense ou tirant sur le roux, il se charge alors de valeurs négatives et évoque le diable (Judas Iscariote est souvent représenté avec des cheveux roux). Le jaune quant à lui est tabou, en 1215, le Concile de Latran impose le port d’une rouelle jaune aux non-chrétiens, musulmans, hérétiques… Couleur de Judas, il est réservé aux traîtres, aux faussaires, aux femmes adultères. Le vert, couleur difficile à fixer, et dont les pigments sont hors de prix, devient symbole de désordre, de transgression. Il figure aussi la couleur d’un bestiaire de créatures maléfiques: sorcières, dames vertes, serpent, dragon, crocodile, hydre. Quant au noir, il inquiète, évoque la mort et les puissances des ténèbres mais il devient à la fin du Moyen-Âge symbole d'élégance.

 

Source : d'après : La symbolique des couleurs in Comment fabrique-t-on les livres au Moyen-Âge ? fiche thématique Palais des Beaux-Arts de Lille

(Michel Pastoureau)

in Dossier pédagogique Illuminations (pdf) à télécharger sur le site du musée pba-lille.fr

 http://www.palaisdesbeauxarts.fr/IMG/pdf/dossier_cahier_pedagogique_web.pdf

 

 

 

Les animaux christologiques

 

Le cerf est un symbole quasi-universel de la vie qui se perpétue, du renouveau. Le christianisme interprète la repousse annuelle de ses bois comme un symbole de fécondité et de résurrection à l’image du Christ. Pour les Pères de l’Église, c’est une bête pure et vertueuse, son inclination pour les sources a aussi été interprétée comme l’aspiration du vrai chrétien à se laver de ses péchés dans l’eau du baptême. Ennemi du serpent, il donc aussi celui du démon. Pour l’Église, l’agneau symbolise l’innocence, la douceur, la pureté, animal du sacrifice il figure par excellence celui du Christ. Le sacrifice d’un agneau pour apaiser la colère divine ou fêter le renouveau de la nature est sans doute l’un des rares rites antiques qui se soit perpétué jusqu’à aujourd’hui : il est présent dans les Pâques juive, chrétienne et le Ramadan musulman. La panthère au corps couvert des couleurs de l’arc en ciel, a la réputation d’être l’ennemi mortel du dragon. Le parfum exhalé de sa bouche attire tous les animaux sauf le maléfique serpent qu’elle met en fuite, à l’image du Christ qui a imploré le salut de l’humanité et qui est devenu pour les chrétiens un parfum absolu. Le phénix, oiseau merveilleux, réputé vivre en orient, a le pouvoir de renaître de ses cendres après s’être laissé consumer par les rayons du soleil quand il vieillit : il est le symbole de la résurrection du Christ. La colombe, oiseau de Vénus dans l’antiquité est devenu l’incarnation du Saint-Esprit pour les Chrétiens; c’est une lumière, un souffle divin. Le papillon, symbole universel de la beauté évanescente et des mystères de la métamorphose, incarne pour le chrétien le symbole même de la transsubstantiation car il lui est offert l’espérance de quitter ses attaches terrestres pour s’élever dans la lumière des cieux. Son nom en grec, psyché signifiant l’âme, rajoute à cette idée de résurrection et d’éternité au-delà de la mort. La licorne représente le Christ, la pureté, la chasteté, que seules de jeunes vierges peuvent attirer.

 

 

Source : d'après La symbolique des animaux in Quelle est l’iconographie récurrente dans les enluminures ? fiche thématique Palais des Beaux-Arts de Lille.

Michel PASTOUREAU, Une Histoire symbolique du Moyen Age occidental, Seuil, 2004, et  Bestiaire du Moyen Age, Seuil, 2011

 

Michel CAZENAVE, Encyclopédie des symboles, Livre de poche, 1989

in Dossier pédagogique Illuminations (pdf) à télécharger sur le site du musée : pba-lille.fr

http://www.palaisdesbeauxarts.fr/IMG/pdf/dossier_cahier_pedagogique_web.pdf

 

 

 

ven.

13

juin

2014

Techniques de l'enluminure

La technique traditionnelle :

Calligraphié sur parchemin, peaux de mouton, chèvre ou veau à la longue préparation (pour un manuscrit de 300 feuillets, 80 moutons étaient nécessaires), magnifié par le décor des enluminures et des lettrines, souvent dorées à l’or fin, le texte se pare de couleurs codifiées, tirées de minéraux, de terres, d’animaux ou de végétaux.

Le parchemin, support privilégié dans la copie des manuscrits, (du grec pergamênê, peau de Pergame) aurait été inventé par le roi éponyme au IIe s avant JC pour remplacer le papyrus. La peau est traitée dans un bain de chaux puis raclée, tendue, séchée et blanchie jusqu’à être fine et lisse sur les deux faces, côté fleur et côté chair à la structure différente. Plié pour obtenir les pages du manuscrit, découpé, assemblé dans le respect de deux feuilles de même côté chair ou fleur en vis-à-vis, les scribes (pendant de longs siècles, des moines copistes dans le scriptorium de leur monastère), procèdent à la réglure du parchemin pour tracer des lignes souvent en piqure.

L’écriture du manuscrit est très codifiée : rubriques (du latin ruber, rouge), initiales ornées pour le début du texte (qui laissera la lettrine encore visible dans nos journaux imprimés), autres lettrines pour les sous-divisions du texte, bouts-de-lignes pour combler les blancs en fin de ligne.

Différents outils se sont succédé au cours des siècles dans la main des scribes : calame ou roseau taillé, plume d’oie, de dinde, de cygne, taillés au couteau du scribe dont les enluminures nous donnent de nombreuses illustrations quand ils se sont eux-mêmes parfois représentés dans leur ouvrage.

Dans le scriptorium, puis dans les ateliers profanes qui développent le métier des livres d’heures, l’enlumineur vient après que le calligraphe a fini son travail d’écriture. De longs délais sont à respecter : préparation des mixtures et du support, pose des produits, temps de séchage, peinture des aplats, ombrage des dessins, précision des traits, finesse du cernage, donnent à son travail lent et minutieux un temps horloge bien différent de celui d’aujourd’hui.

Après un dessin à la mine de plomb, il commence par un support de gomme ammoniaque ou pour un or bombé, une mixture nommée assiette dont les différents secrets de fabrication assurent l’adhérence de la feuille d’or obtenue auprès des batteurs d’or, plus épaisse que celle que l’on connaît aujourd’hui. Une fois le temps de séchage accompli, il peut poser la feuille d’or, d’argent, parfois d’autres métaux. L’or bien collé sera ensuite bruni (frotté avec une dent de chien, une agate) pour qu’il brille et magnifie le texte des ouvrages destinés à la liturgie et ensuite aux livres d’Heures des grands et grandes de ce monde chrétien.

Puis il peint les couleurs avec des pigments végétal, animal ou minéral, mélangés à un liant, mélange de gomme végétale, colle animale, miel, blanc d’œuf, selon des recettes dont chaque enlumineur ou atelier gardera son secret de fabrication. Puis viennent les aplats, les ombres, les lumières, les dégradés, les visages, les animaux, les arbres, les monuments, les ciels en dégradés, les eaux, les fleurs,... L'enlumineur travaille en ombres et en lumières. A la fin de son œuvre, il cerne les contours en noir de fumée ou de vigne, puis il illumine son image avec des rehauts de blanc de plomb, d’où le nom d’illumination ou enluminure.

Mais la vie d’un enlumineur n’est pas solitaire : la vie d’un atelier répartit les différentes tâches : préparation du parchemin, des détrempes et assiette, broyage des pigments, préparation des encres, occupent les apprentis de longues heures, alors que le maître peint.

Elle est moins solitaire que celle d’un enlumineur d’aujourd’hui qui assure toutes ces tâches lui-même. Mais de nos jours, l’enluminure peut acheter une part des matériaux tout préparés : parchemin tanné, pigments en poudre, on préfère toutefois encore trouver des recettes pour préparer sa détrempe, son assiette, parfois aussi ses propres pigments, non seulement par souci d’économie, les matériaux prêts sont chers, mais aussi et surtout pour l’amour de l’enluminure, pour le respect des règles ancestrales ou pour l’alchimie un peu magique qui se dégage lorsqu’on broie, cuit, sèche et mélange sa propre mixture à partir de végétaux ou minéraux.

 

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 ENLUMINEURE DE FRANCE

Diplômée de l'Institut Supérieur Européen de l'Enluminure et du Manuscrit